La vie de retraité, d’un coup toutes mes passions non assouvies pendant ma vie professionnelle remontaient à la surface. Je partageais avec mon épouse l’amour du jardinage. J’ai entrepris de me charger de faire un beau jardin comme je l’avais dessiné au départ de l’achat de notre maison sur un de mes carnets à croquis en 2005. Afin de réussir à rejoindre la passion des fleurs pour le plaisir. Ayant en tête un projet avec l’enjeu de réaliser un jardin fleurit toute l’année. Ce vœu que j’avais souhaité partagé devenait mon cheval de bataille sur une terre ingrate de lande et exposé à tous les vents de mer sur une surface de six mille cinq cent mètres carrés. Ce défi au départ était un jeu mais la passion a pris le dessus. Nous plantions selon les croquis en faisant des zones avec des points affirmés.

Un plan d’ensemble dressé le 10-08-2017

Croquis dressé le 5 février 2017

Je me lançais sur la réalisation de plusieurs bassins. Pour cela j’avais investi dans une mini pelleteuse avec une pelle rétro de 18 chevaux en occasion. Pour planter des arbres, faire des tranchées, terrasser, soulever, transporter, cet outil est vite devenu nécessaire et rentable pour économiser les efforts physiques.

Autour d’un puit artésien, je fis venir de Loudéac les pierres en auge du moulin à lin du XVème ou XVIème siècle en granit. Je l’avais acquis dans les années 1980 1990 lors de mon activité dans une ferme manoir. J’ai récupérer le quatrième puits artésien qui ne servait plus du tout pour la géothermie pour des raisons d’inefficacité selon le point de vue des foreurs. Il avait également une profondeur de 95 mètres et au pourtour de sa surface nous avons disposé le fameux moulin à lin, pièce du départ des bassins. Je montais un dôme en pierre d’enrochement du jardin. Au sommet du dôme, on le coiffait d’une tête de puits en granit du XVIIème d’une ferme du Morbihan avoisinant Loudéac. L’entrepreneur en maçonnerie fixa la couronne du puits. Elle était en une seule grosse pierre taillée. Il jointa toute les pierres en forme d’auge du moulin à lin en contrebas du dôme. Cela formait un cercle au pieds du cône. Je fis un égouttoir et le maçon ancra une rigole de granit sur trente-quatre de long pour tomber sur un bassin circulaire qu’il fit en béton couronné par des pierres en granit.
La circulation de l’eau du bassin circulaire était rejetée par deux tuyaux enterrés dans un bassin implanté en forme de rognon que je fis moi-même avec de la grosse bâche en E.P.D.M. appelé liner. De ce bassin intermédiaire en rognon, le surplus de l’eau était conduit dans un ruisseau en double virage pour être jeter avec une toute petite cascade vers un grand bassin à réaliser. C’était encore un autre projet que j’avais en tête et piqueté sur la pelouse.
Le grand bassin avait la forme d’un fer à cheval. Son pourtour était bétonné en suivant la pente du terrain avec un débordement sur la moitié du pourtour. Le maçon avait fait un socle et un ferraillage hors norme car il voulait devancer tous les problèmes de rupture en fonction du poids de l’eau du grand bassin. A ma demande il fit en dessous du débordement à deux mètres plus bas une rigole en ciment pour récupérer les eaux selon mon souhait. Concernant le reste j’ai entièrement réalisé la pose de la toile ‘liner’ sur le fond et les remonter des murs banchés et parfois avec l’aide de mon épouse.
Par contre le lendemain du jour de la réception de cette toile extrêmement lourde dû au fait de la surface importante, j’avais réquisitionné pleins de copains retraités. Ce n’était pas moins de douze personnes pour développer sur toute la surface cette bâche de couleur noir et d’une épaisseur de 12/10ème. Le poids des deux bâches avoisinait les 920 kilogrammes, nous étions livrés par bande de 15 mètres de large pour la manutentionner plus facilement. Ce liner était posé délicatement sur un feutre géotextile. J’avais mis cette couche de textile épais pour empêcher les pierres du sol à créer des fissures irréversibles à la bâche. J’avais biner et racler en passant le râteau sur la totalité du sol du futur grand bassin.
Concernant les deux derniers bassins suivant je les ai conçus avec mon mini tractopelle et recouvert de géotextile et du liner. Ce sont des bassins filtrants remplis individuellement de roches volcaniques avec des granulométries différentes pour un filtrage naturel et pérenne. Composé de 8m3 pour le premier et 6m3 pour le second en y mettant une canalisation d’un tuyau de drainage sur 100 mètres en spirale dans le deuxième bassin filtrant.
Ensuite un plus petit bassin appelé puisard suivait les deux filtrants pour y plonger une pompe de retour dans une canalisation sous terraine de 90 mètres de long pour dégorger l’eau dans la tête de puit de départ en cône. C’était un circuit fermé d’acheminement de l’eau a tous les bassins.
Le 28 avril 2018 les fuites d’eau existaient au collage des deux bandes de liner. La surface du sol était irrégulière. J’avais réalisé des marches palier qui épousaient la forme du terrain, mais cela compliquent l’encollage parfait des bandes du liner. Par sept fois depuis fin Octobre de l’année dernière, mon épouse et moi nous faisons et refaisons la jointure sans que cela soit parfait. A chaque fois nous remplissons, et nous dénombrons une perte d’eau. La huitième fois fut la bonne technique avec l’emploi de nouveaux matériaux adhésives en double face à chaud. Nous avions réussi un problème qui commençait à nous énerver pour de bon. La boucle est bouclée, aucune perte d’eau uniquement l’eau d’évaporation qui est différente dans chaque saison. ‘Au vue de plusieurs années le phénomène d’évaporation est incroyablement difficile à réguler en fonction des saisons, des températures, des pressions atmosphériques et des vents’. L’ensemble de tous ces travaux a pris pratiquement plus d’un an de préparation. Au total l’eau s’est écoulé par dénivellation dans les huit bassins. Quatre sont chargés de poissons rouges et de carpes « Koy ». Avec l’aide de mon ami « Rémi » nous avons électrifié l’ensemble pour y mettre des jets d’eau du plus bel effet afin d’oxygéner au maximum l’eau pour la bonne santé de la flore et de la faune.

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